JOURNEES EUROPEENNES DE LA MEDIATION POUR L’INCLUSION SOCIALE

Journées de rencontres et d’échanges entre les acteurs et institutions du pays d’accueil et les partenaires européens. Elle sont organisées sur les thèmes centraux de la médiation sociale.

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9 ET 10 OCTOBRE 2019 - La médiation sociale : un projet de société pour l’Europe.

Après Créteil en 2000,  Paris en 2019 : la médiation sociale poursuit sa construction à l’échelle européenne. Le séminaire de Créteil (cf.) en avait jeté les premiers fondements, en définissant la médiation sociale. Les Journées européennes de la médiation sociale de Paris en ont affirmé son ambition : celle d’un projet de société pour l’Europe.

 

Cf. Compte-rendu complet

 

Conférence d’ouverture

 

Birgit Van Hout, représentante régionale pour l’Europe, Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme.

  • Dans sa conférence d’ouverture, (cf. Vidéo), saluait cette manifestation en situant ses enjeux : « Nous sommes confrontés à de nombreux défis – cela ne fait aucun doute. Les discours de haine, la rhétorique raciste et xénophobe, combinés avec la portée et la vitesse des messages transmis dans les réseaux sociaux, nous défient plus que jamais. Face à une intolérance croissante, vous, médiateurs sociaux, jouez un rôle clef, à privilégier le dialogue et à désamorcer les crises ». Elle rappelait aussi que « face à la fracture que nous observons en Europe, la fraternité commence par de très petits pas. La médiation sociale qui obéit à une logique du « bas vers le haut » s’intègre aussi parfaitement dans cette logique ». Elle en appelait aussi à la responsabilité de la médiation sociale :
    «  Nous avons besoin de vous, médiateurs sociaux, pour nous aider à engager, tant la majorité que les communautés et les minorités dans le dialogue [interculturel] ».

 

 

Démarche et contenu du projet CreE.A

Cf. compte-rendu

 

 

 

Après la projection de CreE.A en images, André Moisan, coordinateur du projet, précisant la démarche et les résultats du projet.

Il présentait, ensuite, les membres du consortium qui ont constitué le Comité stratégique avec d’autres membres autour de la “même vision politique [de la médiation sociale] comme étant la participation de tous à la construction de la vie en commun“.

 

 

Cette vision s’enrichissait de la diversité de ses membres (responsables d’organismes de médiation, universitaires et chercheurs), des pratiques et des références de chacun des 8 pays membres.

3 membres du consortium vont l’illustrer :

  • Ousseynou Dieng, de la Fondation Sevilla ACOGE, a ainsi présenté l’expérience et l’expertise de son organisme dans la médiation interculturelle
  • Ana Maria Carneiro Costa E Silva, de l’Université du Minho (Braga), a fait part de la réunion de l’ensemble des acteurs portugais (médiateurs et responsables d’organisme de médiation, chercheurs et universitaires,  responsables politiques) pour la révision d’une loi organisation la médiation sociale dans le pays.

Cf. Vidéo

  • Gianpiero Turchi, de l’Université de Padoue, a présenté la mobilisation de la théorie dialogique des interactions pour la pratique et l’évaluation de la médiation sociale

 

D’autres acteurs ont été associés au projet. 4 d’entre eux vont témoigner de leurs contributions et de leurs apprentissages :

  • Hamid Ghobrini, de Limoges, comme « rouleur »  dans les Tours d’Europe (fonction traditionnelle de “grand frère” des compagnons).
  • Aura Morales, responsable de l’association Association Barro (Madrid), qui a présenté tout le bénéfice de l’ouverture européenne pour son association,
  • Giovanni Ghibaudi – responsable du service de médiation de la ville de Turin, acteur de plusieurs projets européens et un des experts du Séminaire de Créteil. Il a situé comment ce nouveau projet a permis de disséminer de nouvelles pratiques de médiation sociale dans des villes européennes, en particulier par le Tour d’Europe.
  • Enfin, Amidou Traore (Organisation Caritas, Magdebourg) témoignait de sa découverte de la médiation sociale et de l’intérêt qu’elle présente pour l’Allemagne.

 

Le Tour d’Europe

 

Les médiateurs compagnons et les maîtres d’apprentissage ont fait vivre ce qu’ils avaient eux-mêmes vécu au cours de leur Tour d’Europe : leurs surprises et étonnements, la découverte de nouveaux contextes et de nouvelles pratiques. 3 paires de médiateur compagnon et maître d’apprentissage vont ainsi témoigner de leur apprentissage mutuel dans 3 domaines :

  • la médiation dans l’espace public
  • la médiation et l’école
  • la médiation interculturelle.

 

Chacune de ces présentations a été l’objet de nombreux échanges avec la salle. Le Tour d’Europe s’est ainsi prolongé par les questions, remarques, commentaires des participants. Il nous a restitué un « parfum d’Europe » de la médiation sociale.

Madame Francine Kinet, du Comité de pilotage du Tour d’Europe, fera une conclusion en retraçant les points forts de ces Tours d’Europe.

 

Cf. Vidéo.

 

 

La ‘Ville médiation »

 

Cf. compte-rendu

 

La projection d’un film d’Arte va illustrer cette notion de « Ville médiation »., par l’exemple de la ville de Pierrefitte-sur-Seine était projeté : en 2005 en effet, le Conseil municipal de cette commune de la banlieue parisienne se proclamait « Ville médiation », la première en Europe.

 

Monsieur Hibat Tabib, à l’origine de cette initiative, en a ensuite présenté les grandes caractéristiques.

 

Cf. Vidéo

 

La table-ronde qui suivra associe des témoignages de 4 villes européennes :  Porto (par Madame Otilia Paula Castro, Directrice municipale de l’Education), Liège (par Monsieur Alain Lecoq, chef de division), Olivares, près de Séville (par Madame Inés M. Mateos Pérez, Conseillère de Bien-être Social) et Turin (par Monsieur Giovanni Ghibaudi).

 

La médiation interculturelle est très présente dans les pays du Sud. La ville de Liège intervient davantage sur l’espace public (et les populations précarisées). L’école apparaît comme un enjeu partagé. Mais toutes ces villes expriment le souhait de poursuivre ces échanges autour de cette notion de Ville médiation en prolongeant le projet CreE.A par la constitution d’un réseau.

 

La médiation sociale comme projet politique européen

 

Deux propositions sont présentées :

  • celle du « droit d’accès à la médiation sociale pour tout citoyen européen » : Monsieur Hibat Tabib a ainsi présenté comment ce droit pouvait répondre aux enjeux sociaux et politiques de nos sociétés européennes ;

Cf. Vidéo

 

  • celle d’une « proposition de recommandation » aux institutions européennes, présentée par Monsieur Bonafé-Schmitt.

Adresse aux institutions européennes

Proposition de recommandation

 

Dans sa conférence, Madame Michèle Guillaume Hofnung, professeure de droit public à l’université Panthéon-Assas, animatrice du séminaire de Créteil de Septembre 2000, revient sur les acquis de Créteil pour montrer comment la reconnaissance de la médiation sociale est un enjeu toujours actuel : le retour en force d’une conception de la médiation limitée à un mode alternatif de règlement des conflits, fait l’impasse sur la visée de la médiation sociale comme création ou réparation du lien social.

 

La table-ronde qui suit va associer  :

  • Madame Maria João Castelo-Branco, présidente de la Fédération des Médiateurs de Conflits au Portugal ;
  • Monsieur José Chamizo de la Rubia, président de la fondation Sévilla Acoge (Andalousie- Espagne) et ancien « défenseur du peuple » de la Région Andalousie ;
  • Un représentant de l’AFNOR, qui présente la norme de la médiation sociale sous la présidence du CGET (Commissariat général à l’égalité des territoires) (France)
  • Marc Dedecker, membre de la Commission d’habilitation du Ministère de la Justice (Belgique)
  • Giovanni Ghibaudi, responsable du service médiation de la Ville de Turin.

 

Ils vont ainsi témoigner des différentes politiques mises en œuvre dans leurs pays : tandis qu’au Portugal, l’ensemble des acteurs et institutions de la médiation sociale du pays se retrouve pour proposer une révision de la loi existante sur la médiation sociale, la France fait le choix de la définition d’une norme qui vise à garantir la qualité et le professionnalisme d’organismes de médiation vis-à-vis de commanditaires. Dans certains pays, les régions définissent également une politique : c’est le cas de la Région Sicile, qui travaille à un projet de loi pour la mise-en-œuvre de dispositifs de médiation dans les 55 districts qui la composent. Mais on ne peut ignorer aussi que la médiation sociale est elle-même confrontée à des enjeux de reconnaissance au sein même du champ plus général de la médiation, comme le témoigne la place de seconde zone qui lui est réservée au sein de la commission d’habilitation du Ministère de la Justice, en Belgique.

 

 

Il reviendra, ensuite, à Madame Ana Marova, Membre du Groupe de travail sur la médiation (CEPEJ-GT-MED)  du Conseil de l’Europe, de nous faire part de ses travaux sur la médiation. Elle présente le plan d’action du Conseil de l’Europe : parmi les 8 points, la médiation sociale apparaît comme un des modes d’action pour 5 d’entre eux : l’arrêt de tout type de violence (sociale, légale, en matière de santé ou d’éducation) ; la dimension interculturelle et interreligieuse ; la promotion de l’information pour la conciliation ; la prévention des conflits ; et les migrations.

 

 

Conclusion de la journée

 

Hibat Tabib, Président de CreE.A, présentera les conclusions de ces journées.

 

Cf. Vidéo

10 Mai 2019 > Luxembourg

Une terre historique de migrations…

…une terre d’école pour l’interculturalité

 

Le 10 Mai 2019, plus de 100 personnes ont assisté à cette journée européenne, dans un lieu symbolique du Luxembourg, mais aussi de l’Europe : le Campus Belval, construit dans un ancien site métallurgique dont on a conservé les hauts-fourneaux.

De nombreux migrants ont fait vivre cette industrie, voisine de celle de Lorraine et de de la Wallonie, actualisant à l’époque l’interculturalité. Le campus, installé en ce lieu, situe l’évolution de l’activité économique : de l’industrie vers les activités de services et intellectuelles. La migration est toujours aussi présente.

 

Beaucoup de participants à cette journée étaient d’anciens étudiants du Master en médiation de l’université de Luxembourg (https://wwwfr.uni.lu/formations/flshase/master_en_mediation), que l’on retrouve dans beaucoup d’organismes de médiation du pays.

 

La journée s’est déroulée en deux temps :

  • réflexive, d’abord : la migration et l’interculturalité, d’hier à aujourd’huià partir d’interventions universitaires
  • pratique, ensuite, par des ateliers interactifs traitant des situations interculturelles en situation professionnelle.

 

Pour lire le compte-rendu de la journée

13 Mars 2019 > Magdebourg

Une ouverture pour la médiation sociale en Allemagne

 

“ Open the door for mediation ”

Mot d’un travailleur social de Magdebourg

 

Le projet de cette journée était de construire une passerelle entre la médiation sociale, telle qu’elle est nommée et pratiquée dans les pays latins (Belgique et Luxembourg compris) et l’Allemagne.

 

Le terme de « médiation sociale » n’est pas utilisé en Allemagne. On y connaît la « médiation », mais elle s’entend uniquement comme une méthode ou un dispositif de « résolution contractuelle de conflit », utilisable en particulier dans le domaine judiciaire ou pénal (ce qui est aussi désigné par le terme de « médiation formelle »).

 

 

 

 

L’objectif de cette journée était donc d’autant plus important : identifier, dans les pratiques concrètes d’intervention sociale auprès de la population, celles qui peuvent correspondre à la définition de la médiation sociale énoncée par le séminaire européen de Créteil, en 2000 :

 

 

 

A l’aide de 4 intervenants appartenant à des institutions qui interviennent pour l’essentiel en direction des populations migrantes (Refugee Council de Saxe-Anhalt, Miteinander e.V, Caritas et Internationaler Bund (IB) Magdeburg), les échanges avec les participants ont permis de dégager les points suivants :

 

  1. D’abord, la médiation sociale existe, même si les acteurs ne s’y réfèrent pas explicitement : la médiation scolaire en est la preuve la plus manifeste.

 

  1. Ensuite, beaucoup de pratiques correspondent à des activités de médiation sociale :
  • les activités d’intermédiation qui mettent en lien et en dialogue la « règle » et les institutions, d’un côté, et les personnes ou collectifs de personnes de l’autre (ex. table-rondes, Guide pour l’usage d’un logement, activités plus générales d’information pour que les personnes puissent agir pour leurs droits, etc.) ;

Par contre, la médiation entre des parties de la population en conflit (les réfugiés, d’un côté, et les populations précarisées d’origine locale, de l’autre) semble plus difficile à mettre en œuvre.

  • celles qui développent la capacité d’agir, d’ « empowerment», d’opérer ses propres choix ;
  • ces activités participent ainsi à l’objectif de la médiation sociale : créer et développer les liens sociaux.

 

  1. La référence explicite à la médiation sociale devrait permettre à ces acteurs qui font de la médiation sociale sans le savoir ou sans le dire permettrait de renforcer leur positionnement de « tiers impartial et indépendant » en se référant au code de déontologie qui lui est propre.

 

  1. L’Allemagne présente des atouts pour la médiation sociale :
  • à la sortie de la guerre, en 1945, elle s’est définie comme un espace de paix et de liberté;
  • les décisions par consensus font partie de la culture collective germanique ;
  • Ces 2 points viennent contrebalancer la culture de la règle qui, traditionnellement, est promue comme le seul recours de la résolution des conflits.

 

  1. Le rapprochement entre la médiation sociale, telle qu’elle est pratiquée dans les pays latins par les acteurs qui s’y réfèrent, d’un côté, et les interventions sociales en Allemagne qui s’y rapprochent, de l’autre, nécessitent probablement que le projet CreE.A développe une présentation de la spécificité de la médiation sociale dans le vaste champ des pratiques d’intervention sociale, qui aille au-delà de la définition du manifeste.

 

Pour un compte-rendu plus complet : Compte-rendu_de la Journée

Octobre 2018 A Padoue : L'évaluation de la médiation sociale

Italiano

Google translate : En español Em português / Deutsch

 

 

Cette journée sur la question de l’évaluation avait des objectifs à la fois ambitieux et modestes. Ambitieux : l’évaluation représente un enjeu stratégique pour la médiation sociale, tant pour la consolidation de ses pratiques professionnelles, pour sa reconnaissance institutionnelle que pour son autonomie professionnelle. Modeste : il était question d’échanger des méthodes et des approches entre partenaires européens, et non d’élaborer une démarche d’évaluation qui s’imposerait à tous.

 

Avant d’en arriver à cet objectif central, l’intervention de représentants du Ministère de la Justice Italien a permis de comprendre la place que joue la « médiation pour la justice réparatrice (ou restaurative) » en Italie. Elle a été suivie par la présentation du « Laboratorio dialogico NEXUS » qui associe chercheurs mais aussi acteurs de la médiation sociale dans le Nord de l’Italie, autour de l’élaboration du « futur de la médiation et de la médiation du futur » (une centaine d’adhérents y participent). Cette présentation a permis de comprendre une originalité forte de l’Université de Padoue : recherche et pratiques sont étroitement liées pour mettre en œuvre et développer la théorie originale de la « médiation dialogique », qui s’appuie elle-même sur la théorie dialogique des interactions

 

 

Kinet a, par la suite, présenté les productions existantes dans le domaine de l’économie sociale et solidaire sur l’impact social et l’utilité sociale, en précisant différents outils et méthodes utilisés (comme, par exemple, les coûts évités). Elle s’est également appuyée sur le « chef d’œuvre collectif » des médiateurs compagnons et des maîtres d’apprentissage du 3ème Tour d’Europe.

 

 

 

Deux exemples d’usage de l’évaluation ont ensuite été présentés :

  • Celle de l’évaluation de la performance économique de la médiation sociale de Promevil (association de médiation sociale de 260 salariés en Ile-de-France). Elle a été réalisée par un Cabinet indépendant (Goodwill management), à partir de la notion de « l’empreinte socio-économique élargie ». Elle a ainsi conclu que le gain de la médiation pour la société civile était 13,4 fois supérieur à son coût.
  • Celle du guide pour l’évaluation de la médiation interculturelle en contexte interpersonnel développé par le partenaire « Fundation Sevilla Acoge». Il s’agit, cette fois, d’un outil d’autoévaluation des équipes pour analyser leurs propres pratiques et ainsi consolider leur expérience professionnelle.

 

 

La place devait donc être laissée à l’organisateur de cette journée: notamment Gian Piero Turchi, qui a construit la théorie dialogique des interactions pendant plusieurs années. Il a ainsi présenté une « théorie générale de la médiation » basée sur des concepts de base: celle de « société », construite sur des règles formelles, et celle de « communauté », qui se développe à travers les interactions humaines. Ce cadre théorique permet d’introduire l’outil d’analyse des interactions, qui utilise comme référence le « tableau périodique des répertoires discursifs », c’est-à-dire une formalisation des règles d’interaction. Le contenu de chaque interaction peut être décodé dans le sens de « maintenir » l’interlocuteur dans la production de son discours ou, au contraire, dans le « développement » de nouveaux éléments.

 

Cette théorie fournit donc une méthode permettant d’analyser l’évolution des interactions dans les médiations et, par conséquent, de les évaluer. Une évaluation qui peut permettre à la médiation d’accroître la reconnaissance par les institutions et d’accroître l’efficacité des interventions elles-mêmes.

 

Avril 2018 à Braga : "L'Europe comme espace de dialogue interculturel et de médiation"

 

< Les deux journées en image vidéo.

< Os dois dias em imagens de vídeo

 

 

 

Pour un bilan de la journée / Para um resumo dos dois dias

 

 

 

 

 

 

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COMMUNIQUE

 

La table-ronde pour l’ouverture des journées. De gauche à droite : Mr Ricardo Rio, Maire de Braga ;  Mr Pedro Calado, représentant du Haut-Commissariat à l’immigration ; Mme Manuela Martins, Vice-rector de l’Université du Minho ; Mme Birgit Van Hout,  représentante du Haut Commissariat des Droits de l’Homme (ONU) en Europe ; Mme Ana Maria Carneiro Costa e Silva, responsable du Comité d’organisation et du Tour d’Europe du projet CreE.A ; Mr André Moisan, coordinateur du projet CreE.A

 

A droite : Madame Ana Maria Carneiro Costa e Silva, responsable du Comité d’organisation.
Au centre : Mme Birgit Van Hout, représentante du Haut Commissariat des Droits de l’Homme (ONU) en Europe

 

Les journées de Braga resteront une étape importante dans la création de l’espace européen de la médiation pour l’inclusion sociale. Après la journée de Séville (20 Juin 2017), la médiation interculturelle est ainsi apparue comme une question centrale dans le contexte européen actuel. Face aux menaces de fermeture des frontières comme de celle des esprits, du repli identitaire, du refus des migrants, de la montée de la xénophobie et du racisme, cette médiation interculturelle va bien au-delà d’une technique, d’une modalité d’intervention ou d’un métier : elle correspond à un choix de société qui se fonde sur le dialogue interculturel.

 

 

 

Environ 150 personnes auront participé à ses travaux : médiateurs, acteurs de l’intervention sociale auprès des populations, étudiants du Portugal ; mais aussi médiateurs compagnons et maîtres d’apprentissage du 1ère, 2ème et 3ème Tour d’Europe, partenaires CreE.A, et bien d’autres personnes venues d’Autriche, d’Angola, de Biélorussie, du Brésil, de Belgique, d’Espagne, de France, d’Italie, du Maroc, du Royaume Unie et tout Portugal.

 

 

Le ton était donné dès la table-ronde d’ouverture. Le Maire de Braga et la Vice-Rector de l’Université du Minho, qui nous accueillaient, ont d’emblée invité les participants à développer leurs travaux au niveau des menaces qui pèsent sur l’espace européen. Ces propos étaient relayés par la représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (Agence spécialisée de l’ONU) en Europe : elle invitait à prendre la mesure de la gravité des menaces en Europe et ne pas rester passifs. Le représentant du Haut Commissariat aux Migrations du Portugal – qui développe une vision stratégique de l’apport de l’immigration dans le développement et la nature de la future société portugaise – a également repris ces propos. Il s’est félicité d’un accueil toujours plus important de migrants au Portugal (alors qu’on entend trop souvent le discours inverse dans d’autres pays européens, qui préfère citer le nombre d’expulsions). Il a annoncé des mesures concrètes : ainsi, un appel est lancé pour la constitution d’équipes de médiation inter culturelle dans trois régions : le Nord, le Centre et l’Alentejo, avec un financement de l’Etat de 3.500.000 Euros.

 

 

A droite : Hibat TABIB et à gauche : André MOISAN, respectivement président et coordinateur du projet CreE.A

La Conférence du Président de Cre.A, Monsieur Hibat TABIB, permettait de préciser cette alternative que propose la médiation sociale. Le droit, et l’Etat de droit, sur lequel se sont construits les pays européens, ne permet pas à lui seul de « faire société ». Il y manque les interactions, la densité de la communication humaine et des relations entre personnes pour gérer les conflits mais aussi développer une culture de l’ouverture à l’autre. Il l’aura illustré à partir d’exemples pratiques issus de la « première ville de médiation sociale en Europe » : Pierrefitte s/Seine, où il a créé l’AFPAD, association locale de médiation et d’accès aux droits.

 

 

Les ateliers et table-rondes qui ont suivi auront donné d’autres exemples. Sans vouloir faire ici un relevé exhaustif, les participants ont ainsi pu échanger autour de la mise en place d’une « police communautaire » dans 3 quartiers de Lisbonne : l’ordre public y est ainsi construit avec la participation des associations du quartier à des réunions tous les mois (cette action a reçu un prix européen). Cette réalisation fait partie du projet européen Erasmus+ « Time” (Train Intercultural Mediatiors for a Multicultural Europe). Des architectes ont restitué la construction d’un récit de la rénovation d’un quartier gitan à Braga avec la population elle-même, dont ils ont été les animateurs. Il a aussi été question de médiation dans le cadre de l’accompagnement à des patients victimes d’addictologie ou encore de médiation inter-religieuse, proposée par une association musulmane en Angleterre. Les difficultés et les risques de l’interculturalité étaient soulignés par le témoignage de la Fondation Sevilla Acoge, dotée d’une longue expérience dans le domaine : elle doit ouvrir, et non renfermer, les personnes dans leur culture d’origine. Quatre communes portugaises, faisant partie du réseau européen des municipalités interculturelles, ont également fait valoir leurs réalisations dans le domaine de l’interculturalité.

 

 

Les terrains de médiation sont donc très variés, mais aussi les acteurs eux-mêmes. La médiation n’appartient pas seulement aux médiateurs. Certes, ces derniers s’y consacrent entièrement. Mais au-delà de leur intervention directe, il s’agit de créer des « espaces de médiation » pour construire les conditions d’échanges et de reconnaissance mutuels entre parties : population, acteurs, institutions. Architectes, sociologues, soignants – et, bien sûr, médiateurs – tous ceux qui offrent une position de « tiers » participent ainsi à créer ces « espaces de médiation ».

 

 

Des restitutions d’études conduites en Italie, au Portugal, au Maroc, etc. ont également permis de mieux connaître les phénomènes d’interculturalité dans leur contexte.

 

 

Il fallait aussi nourrir ces échanges d’une compréhension théorique des difficultés actuelles de l’Europe face aux migrations. Après celle tenue sur le thème « Culture et Médiation : des divergences à la convergence de la diversité », prononcée au nom de Gian Piero Turchi (Université de Padoue), la brillante conférence de Moisés de Lemos Martins (CECS, Braga) a relevé comment le « point », l’un, l’unicité font partie de l’héritage tant gréco-latin que judéo-chrétien. Mais il a aussi fait référence à Emmanuel Lévinas, et son idée fondamentale du visage de l’autre qui ouvre à dépasser la « totalité » – fusion de la différence en « un » –  par l’infini, l’inconnu, l’indéterminé de l’altérité.

 

 

La table-ronde de clôture a fait part de la richesse des travaux. Elle a donné la parole à Madame la Députée Laura Magalhães, représentant la Commission « Education et Science » à l’assemblée Nationale. Elle a exprimé une forte attente de la médiation interculturelle pour faire face, par exemple, au fait que la moitié des migrants accueillis au Portugal préfèrent repartir dans un autre pays.

 

 

En conclusion, ces deux journées ont en quelque sorte fonctionné comme un « espace de médiation » : ouvert à tous les apports (pratiques, études, théorie), tous les acteurs impliqués dans le dialogue interculturel et la médiation sociale (acteurs, chercheurs, politiques). Quelle était alors l’instance tierce, sinon « l’esprit CreE.A« , qui privilégie l’écoute plutôt que les rapports de pouvoir et les hiérarchies sociales ? Cet « esprit CreE.A » était celui, certes, des partenaires présents, mais il tient essentiellement au Comité d’organisation animé par Ana Maria Costa Carneiro da Silva.

 

 

Un bel exemple de réussite de la médiation interculturelle : les actes et un livre sont prévus pour restituer toute cette richesse.

 

Voir : http://www.lasics.uminho.pt/congressodim/

 

 

La presse portugaise a fait un large écho de cette manifestation :

 

Vila Nova

 

Correio Do Minho

 

Informations radiophoniques

 

Edulog

 

Rum

Février 2018 A LIEGE : Prévention des processus de radicalisation violente en Europe : quels rôles pour la médiation ?

 

La journée européenne sur le thème : « Prévention des processus de radicalisation violente en Europe :  quels rôles pour la médiation ? » a été organisée par la Haute école de la province de LIEGE en lien avec sa formation de spécialisation en médiation. La Haute Ecole est un des partenaires belges du Projet CREEA : Création d’un espace européen de la médiation pour l’inclusion sociale.

 

De nombreux acteurs de terrain venus de nombreux horizons de Wallonie et de Bruxelles ont participé à cette journée (entre 60 et 70 personnes), ont échangé leurs expériences et examiné en quoi la médiation pouvait contribuer à la prévention des processus de radicalisation violente. La médiation d’inclusion sociale telle qu’elle est promue dans cet ambitieux projet européen est une philosophie du vivre ensemble, un outil de construction ou de réparation du lien, de prévention de la violence et de gestion des conflits. Ces pratiques se déploient partout en Europe dans les quartiers, les transports publics, les administrations, … et visent à dépasser les différences culturelles, sociales, à prévenir les sentiments d’insécurité. En quoi ces pratiques sont-elles impactées en particulier par les dispositifs qui sont mis en place pour lutter contre le terrorisme et pour sécuriser la population ?

 

Cette journée a su relever 3 paris :

 

  • celui de réfléchir collectivement à une question sensible et délicate : celle de la place de la médiation sociale par rapport à ce qui est nommé : la « radicalisation violente » par les institutions ;
  • celui de le faire – non pas par des discours – mais à partir de cas pratiques de Belgique élargis à la lutte contre les discours racistes et xénophobes de l’extrême droite allemande et au cas français de la Ville de Limoges ;
  • et enfin, celui de créer un espace d’échange qui s’affranchit des discours tout faits, pour faire place à des réflexions ancrées dans la confrontation de la théorie à la pratique de terrain en médiation, à travers une discussion ouverte, dans la droite ligne de l’esprit qui préside à l’espace européen de la médiation pour l’inclusion sociale ».

 

En introduction, E. Baillergeau restitue le résultat d’entretiens auprès de 17 acteurs qu’elle a conduits avec F. Kinet en Belgique pour organiser cette journée. Cet état des lieux fait état des modes d’action des divers acteurs belges qui interviennent dans ce champ.

 

A partir de cet état des lieux, deux tables rondes successives ont ainsi pu faire partager des expériences, entre autres celles de Molenbeek, Verviers, Magdebourg, Limoges, etc. ou encore conduites par des institutions comme la Maison de Justice de Bruxelles ou l’université de Paix de Namur. Par exemple, une personne du Service de prévention de la commune de Molenbeek-Saint-Jean, qui au sein de la cellule « radicalisme » mobilise la posture de médiation sociale qu’elle a pratiquée dans son ancienne activité auprès des jeunes et des familles. Cette intervention sera complétée par une responsable de la Maison de Justice de Bruxelles et par une collègue de Magdebourg, médiatrice compagnon du Tour d’Europe 2017, qui témoignera de son intervention au sein de l’association « MitEinander“ contre les préjugés racistes qui alimentent l’extrême-droite en Allemagne. Cette médiatrice a montré que la lutte contre le radicalisme ne concerne pas que la sphère religieuse comme c’est principalement le cas en France, Belgique et Royaume-Uni. En effet, en Allemagne, un autre fléau sévit : le radicalisme violent de l’extrême droite. Elle a témoigné de son travail et de ses limites dans un contexte où l’extrême droite n’est que trop présente. Le radicalisme violent se nourrit de la peur voire de la haine de ceux qui sont vus, décrits, voulus comme différents. Il se nourrit aussi des frustrations engendrées par les situations liées au déclin social. Les actes criminels sont ses manifestations les plus effroyables. Mais le radicalisme peut aussi se révéler violent dans des situations plus anodines sans recourir à des atteintes physiques.

 

Ces prises de parole convergent sur un point : l’impérieuse nécessité d’un espace d’écoute neutre, bienveillant où les personnes se sentent en confiance pour s’exprimer.

 

Un point de vue anglais sur la question nous a également été présenté « à distance » par G. Mythen (Université de Liverpool).

 

 

La deuxième table-ronde a questionné le positionnement professionnel et éthique de la médiation sociale. Des exemples concrets de Limoges, en France, ont illustré les tentatives d’instrumentalisation de la médiation sociale en France dans l’identification de « personnes à risques », avec toutes les conséquences que l’approximation des grilles proposées peuvent avoir sur les individus. L’université de Paix et une association de Namur ont, de leur côté, transmis leurs principes, méthodes et problèmes soulevé sur cette question.

 

Les échanges avec la salle sont revenus sur la pertinence du terme de « radicalisation » pour la médiation sociale, sur le rôle qu’elle peut être appelée à jouer sur la détection des « radicalisés potentiels ».

 

Les participants ont tenté de démonter les processus qui peuvent conduire à de telles situations, dommageables pour tous. Ils ont partagé leurs expériences, leurs réussites, leurs déceptions. Mais l’ensemble des interventions démontre que dans tous les services touchés par ce fléau, des hommes et des femmes réfléchissent, « mouillent leur chemise » pour tenter d’éviter les dérives et, lorsque le processus est enclenché, pour tenter de l’arrêter.

 

Dans l’ensemble, les présentations ont ainsi permis d’ouvrir un débat entre les participants sur la question aussi cruciale que la posture du médiateur social, pris en étau entre les injonctions institutionnelles et leur proximité avec la population et les jeunes.

 

D’importantes questions ont été soulevées :

  • comment engager le dialogue dans le cadre d’une médiation avec des personnes dont l’idéologie est basée sur le rejet de l’autre ?
  • Comment éviter la stigmatisation de personnes dont la pratique religieuse, paisible et respectueuse de l’autre, est assimilée à celle des terroristes criminels qui disent agir en son nom ?
  • la médiation pour l’inclusion sociale doit-elle reprendre le terme de « radicalisation » ?

 

D’autre part, les intervenants sociaux participants ont exprimé leur malaise dans un contexte de suspicion généralisée vis-à-vis de certains profils définis de manière arbitraire.  On a cité le cas d’une personne indûment « signalée » sur base de quelques éléments superficiels qui s’est vue écartée de son emploi et « fichée » injustement. Ses candidatures à d’autres emplois n’ont plus jamais reçu de réponse. Malaise aussi devant l’obligation d’appliquer des mesures contre le terrorisme décidées au niveau national dans des entités territoriales non concernées par ce fléau. Le risque est grand en effet d’induire de créer des problèmes de coexistence là où il n’y en avait pas.

 

En fin de journée, la synthèse proposée a eu pour objet de faire ressortir les points en discussion. Elle sera l’objet de l’ouverture d’un débat. Il s’agit, en effet, de la définition d’une position et d’une posture propres à la médiation sociale par rapport aux attentes et demandes des institutions de prévention, de justice et de répression, ainsi que par rapport aux autres intervenants et acteurs dans le domaine.

 

Un dossier va être constitué pour rendre compte de cette journée. Et un débat va être prochainement lancé par notre Site, dans la rubrique « Débats » dans les prochains mois. Le positionnement de la médiation sociale de la prévention des processus de radicalisation violente représente, en effet, un enjeu stratégique dans la construction de l’autonomie et de l’identité de la médiation sociale.

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Points de synthèse

 

Mars 2018 à PALERME : "L'école et la médiation"

Ce que nous a appris la Journée européenne de la médiation pour l’inclusion sociale Palerme (7 Mars 2018)

La journée européenne de la médiation pour l’inclusion sociale qui s’est tenue à Palerme le 7 Mars 2018, constitue une première pierre pour des initiatives européennes concernant l’école et la médiation.

A l’invitation de nos partenaires de Sicile, elle aura rassemblé des partenaires et intervenants de Belgique, d’Espagne, de France et du Portugal. Elle a fonctionné comme un Séminaire pour rassembler autour d’une même « problématique » des approches et des pratiques aussi diverses que les contextes locaux et nationaux, les objectifs poursuivis et les acteurs concernés.

Ce qui est apparu – et ce que nous avons appris au cours de cette journée – c’est que l’Ecole ne concerne pas que l’école. Elle joue un rôle central dans la Cité. Ce qui s’y passe, tant à l’intérieur qu’autour de ses murs, implique tous les acteurs et institutions du territoire où elle se situe. Le thème « Ecole et médiation » nous conduit ainsi à concevoir et mettre en œuvre une « médiation citoyenne » qui veut dynamiser tous les échanges entre les personnes elles-mêmes et les personnes et les institutions au niveau local.

Autrement dit, les pratiques de médiation dans et autour de l’école ne sont pas uniquement des pratiques qui viennent s’ajouter à côté de celles du quartier, des hôpitaux, des transports, etc. : elles doivent être envisagées comme un des vecteurs d’une autre vision de notre vie commune.

Des objectifs spécifiques…

Evidemment, la médiation poursuit des objectifs spécifiques à l’intérieur de l’école.

Elle est réparatrice et/ou préventive des conflits. Ainsi, à Turin, le projet Sicursé associe différentes institutions pour lutter contre le Cyber Harcèlement. Dans cette ville, les médiateurs utilisent leur expérience de la médiation réparatrice dans les situations de de rackets.

La tradition la mieux connue est celle des « médiateurs par les pairs », qui consiste à former de jeunes élèves à la pratique de la médiation. Elle associe nécessairement les différents acteurs de l’école et veut les responsabiliser. Les collègues siciliens ont ainsi témoigné qu’après leur intervention, les écoles fonctionnent maintenant en toute autonomie pour poursuivre cette médiation directement conduite par les élèves eux-mêmes.

Il existe aussi des « médiateurs professionnels ». La Belgique dispose ainsi de deux expériences différentes : celle de médiateurs au sein de l’école, dans la Communauté francophone de Bruxelles, et celle de médiateurs à l’extérieur, en Wallonie. Le mode de « saisine » des problèmes et les types de pratiques divergent alors. Mais leur rattachement institutionnel extérieur à l’institution scolaire leur permet de construire une position de « tiers » indispensable à la médiation.

Les personnes concernées par la médiation ne sont pas uniquement les élèves. Il est à noter, à ce propos, que la médiation interroge nécessairement la relation entre l’élève et l’institution, celle-ci ayant naturellement tendance à rejeter l’origine des problèmes sur les lacunes ou les fautes de celui qu’elle veut éduquer. C’est un des enjeux d’une médiation pratiquée par des médiateurs qui ne sont pas rattachés institutionnellement à l’école.

Elle souligne aussi que la médiation ne doit pas se centrer uniquement sur les élèves : elle doit aussi s’intéresser aux enseignants, par exemple.

Au-delà d’une vision purement fonctionnelle, intervenant à la marge pour prévenir ou réparer, la médiation est aussi vecteur d’une autre « culture ». C’est dans ce sens que le Portugal a défini une « stratégie nationale » pour « l’éducation à la citoyenneté et la médiation dans les écoles ». Cette stratégie s’appuie sur des expériences développées depuis les années 1990. Elle est mise en œuvre à titre expérimental dans 100 écoles. Elle articule aussi bien la pédagogie (« une autre façon d’apprendre ») que l’apprentissage de la citoyenneté (par son intégration dans les curricula), la médiation par les pairs, la formation des enseignants et l’intervention de « médiateurs expérimentés ». Il s’agit, ici, de développer une culture de la médiation à l’école.

… mais aussi une intervention conjointe avec les autres acteurs de la Cité

Mais il est très rapidement apparu que les objectifs de l’école ne pouvaient être atteints en restant à l’intérieur de ses murs. S’impose immédiatement l’autre acteur incontournable de l’éducation de l’enfant : ses parents et sa famille. La médiation y est très présente dans les expériences citées.

Elle l’est dans la dimension interculturelle, quand les parents ne connaissent ni les attendus ni les codes sociaux et culturels de l’institution scolaire du pays d’accueil. Les pays du Sud (Portugal, Italie, Espagne) sont particulièrement mobilisés dans ce type de pratique.

Mais cette sortie du « cadre scolaire » apparaît aussi quand il s’agit du « décrochage « .  L’Espagne, le Portugal, la Belgique, nous ont fait part de l’implication de la médiation sur cette question. Pierrefitte-sur-Seine accompagne ainsi tous les ans de 150 à 200 élèves exclus de l’école pour les accueillir dans un lieu pédagogique où le jeune élève sanctionné reprend le fil qui le relie à l’institution scolaire en s’interrogeant sur la sanction prononcée à son égard.

L’expérience des médiateurs de Sevilla Acoge confirme également que des problèmes signalés au sein de l’école ne trouvent la solution qu’à l’extérieur, ce qui est le cas par exemple quand leur origine provient de problèmes familiaux. Pour l’équipe de médiation sévillane, leur lien avec l’école est ainsi une des modalités essentielles de leur intervention dans la « communauté », comme un lieu d’identification des problèmes.

Rumilly, une petite ville de France, a conçu dès le départ cette articulation entre la médiation dans la ville et la médiation à l’école, dès 1995 (????). Elle l’a fait dans une vision de « réappropriation de la gestion des conflits » par les habitants : une « médiation citoyenne ». Elle est toujours mise-en-œuvre par la municipalité. Il arrive ainsi que jeunes « médiateurs » formés à l’école rejoignent plus tard l’équipe de médiateurs adultes présents dans les quartiers.

L’école peut être aussi celle du territoire, quand celui-ci se mobilise pour construire des lieux d’apprentissage et de formation pour les jeunes, dans une démarche de type « participative » associant les jeunes tant à la définition des « ateliers de travail » que de sa gouvernance : c’est le cas du projet « Art de grandir » en Sicile.

Des perspectives de travail pour une médiation citoyenne qui intègre la médiation à l’école

A travers toutes ces interventions – que le futur e.book en préparation restituera dans leur intégralité – il est ainsi ressorti la conjonction et le lien très fort entre la médiation dans et autour de l’école et la médiation citoyenne.

Et ceci, pour 3 raisons, correspondant à ces 3 dimensions de l’école :

  • sa dimension intégrative (inclusive) dans la Cité.

*  L’école est un des piliers de la Cité

*  La « communauté » (les parents, les acteurs associatifs,…) ne peuvent ignorer l’école et l’école ne peut ignorer le contexte social qui l’environne

*  La relation de écoles avec son environnement met en jeu des fonctions, des cultures et des pratiques institutionnelles différentes. Et pourtant, elle est nécessaire. La médiation doit contribuer à ces relations.

  • sa dimension éducative sur les dimensions non cognitives : l’apprentissage de la citoyenneté.

*  La dimension « transmission des connaissances » n’est plus le monopole de l’Ecole

* L’apprentissage de la citoyenneté dans le nouveau contexte mondial est un investissement pour l’avenir (elle est considérée comme une des 8 compétences clés de tout citoyen par l’Europe)

  • sa dimension culturelle

par une culture de la médiation comme alternative à des relations construites uniquement sur le droit et la règle ou les rapports marchands.

Il est alors apparu l’importance stratégique de développer les coopérations au sein de l’espace européen de la médiation pour l’inclusion sociale », en développant par exemple le

réseau des villes de médiation citoyenne.

C »est un objectif que CreE.A mettra à son ordre du jour.

NOVEMBRE 2018 à PARIS : Journée Promevil et Gazette des Communes

CreE.A s’associe à la Journée organisée par :

 

PROMEVIL

et la Gazette des Communes

le 30 Novembre à Paris.

 

2017 Barcelone. Participation à la Conférence de l'EFUS “Sécurité, Démocratie & Villes”

17 NOVEMBRE 2017 – JOURNEES EUROPEENNE DE LA MEDIATION POUR L’INCLUSION SOCIALE A BARCELONE

Le projet CreE.A était présent à la Conférence l’EFUS à Barcelone. Elle a rassemblé près de 800 représentants des collectivités locales et territoriales, des représentants des institutions nationales et des experts.

Le projet a été présenté au cours d’un « zoom » de 30 mn (à l’invitation de la vidéo ci-dessous) et sur un stand, en compagnie de la Fondation Sevilla Acoge et l’association française Promevil (financeur du stand). Site de l’EFUS

 

 

2017 Marseille et l'axe méditerranéen

27 SEPTEMBRE 2017 – JOURNEES EUROPEENNE DE LA MEDIATION POUR L’INCLUSION SOCIALE A MARSEILLE

Cette journée a été organisée par l’AMS (Association de Médiation Sociale) de Marseille avec la collaboration et l’aide financière de Promevil.

(Voir le dossier de Presse)

 

2017 Séville : "Acte de baptême de l'espace européen de la médiation sociale"

20 AVRIL 2017 – JOURNEE EUROPEENNE DE LA MEDIATION POUR L’INCLUSION SOCIALE A SEVILLE

 

La journée européenne de la médiation pour l’inclusion sociale qui s’est tenue à Séville, le 20 Avril 2017, constitue l’acte fondateur de l’espace européen de la médiation pour l’inclusion sociale : son acte de baptême.

 

Dans ce magnifique pavillon de la Fondation des Trois Cultures, il a trouvé son ancrage historique : celui de la rencontre des cultures qui a illuminé l’Andalousie du XIIème siècle, celle d’Averroès et de Maïmonide, inspirant à son tour Thomas d’Aquin. Elle a fécondé l’Europe des lumières de la raison en transmettant l’héritage des philosophies antiques et l’apport de la civilisation arabe, musulmane et juive. Avec la Renaissance italienne, elle a permis l’émergence de l’humanisme européen. Cette Europe-là est le fruit de la rencontre des cultures. Elle se poursuit jusqu’à aujourd’hui.

 

Dans Séville et l’Andalousie, l’espace européen de la médiation pour l’inclusion sociale y a trouvé un ancrage géographique : celui des régions frontières qui vivent en contact avec les pays du Sud, leurs migrations et leurs cultures.

 

Comme la Sicile, et les pays méditerranéens aux marches de l’Europe, comme les banlieues, aux marges des grandes villes, ces zones frontières sont au cœur des enjeux européens : l’accueil des migrants et de leurs cultures, la création d’une nouvelle citoyenneté et l’ouverture de tous les possibles qui naissent de ces rencontres.

La médiation pour l’inclusion sociale, dans sa dimension interculturelle, y trouve ses terres de créativité et de développement.

 

Et enfin, dans le partenariat entre la Mairie de Séville, l’administration régionale, la Fondation des 3 cultures, le Médiateur de la région andalouse, les acteurs clés d’organisations de la société civiles, les citoyens… tous impliqués avec la Fondation ACOGE pour faire de Séville et de l’Andalousie une terre d’accueil et de rencontre avec les migrants, l’espace européen de la médiation pour l’inclusion sociale y trouve un ancrage politique, fondé sur les valeurs partagées d’hospitalité, d’humanisme et d’ouverture à l’Autre.

La médiation n’y est pas que l’affaire des médiateurs : elle est celle de tous les acteurs politiques, les administrations locales et tous les citoyens.

 

 

 

Ces trois ancrages – historique, géographique, politique -, à l’image des « 3 » cultures et du « Tiers” de la médiation, constituent trois piliers solides de l’espace de la médiation pour l’inclusion sociale.

 

 

 

 

Visualisez le diaporama

 

 

2016 LUNEVILLE : LANCEMENT DU PROJET CREE.A

16 SEPTEMBRE 2016 – JOURNEE EUROPEENNE DE LA MEDIATION POUR L’INCLUSION SOCIALE A LUNEVILLE

 

En 2016, les journées européennes de la médiation pour l’inclusion sociale ce sont déroulées à Lunévile. Communiqué ARLEKIN

 

La déclaration de Lunéville

 

Le 16 septembre 2016, Jean-Paul Delevoye, ancien médiateur de la République à adressé un message aux participants.