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Journée Européenne: L’école et la médiation

07/03/2018     Palerme

CE QUE NOUS A APPRIS LA JOURNÉE EUROPÉENNE DE LA MÉDIATION POUR L’INCLUSION SOCIALE PALERME (7 MARS 2018)

La journée européenne de la médiation pour l’inclusion sociale qui s’est tenue à Palerme le 7 Mars 2018, constitue une première pierre pour des initiatives européennes concernant l’école et la médiation.

A l’invitation de nos partenaires de Sicile, elle aura rassemblé des partenaires et intervenants de Belgique, d’Espagne, de France et du Portugal. Elle a fonctionné comme un Séminaire pour rassembler autour d’une même « problématique » des approches et des pratiques aussi diverses que les contextes locaux et nationaux, les objectifs poursuivis et les acteurs concernés.

DES OBJECTIFS SPÉCIFIQUES…

Evidemment, la médiation poursuit des objectifs spécifiques à l’intérieur de l’école.

Elle est réparatrice et/ou préventive des conflits. Ainsi, à Turin, le projet Sicursé associe différentes institutions pour lutter contre le Cyber Harcèlement. Dans cette ville, les médiateurs utilisent leur expérience de la médiation réparatrice dans les situations de de rackets.

La tradition la mieux connue est celle des « médiateurs par les pairs », qui consiste à former de jeunes élèves à la pratique de la médiation. Elle associe nécessairement les différents acteurs de l’école et veut les responsabiliser. Les collègues siciliens ont ainsi témoigné qu’après leur intervention, les écoles fonctionnent maintenant en toute autonomie pour poursuivre cette médiation directement conduite par les élèves eux-mêmes.

Il existe aussi des « médiateurs professionnels ». La Belgique dispose ainsi de deux expériences différentes : celle de médiateurs au sein de l’école, dans la Communauté francophone de Bruxelles, et celle de médiateurs à l’extérieur, en Wallonie. Le mode de « saisine » des problèmes et les types de pratiques divergent alors. Mais leur rattachement institutionnel extérieur à l’institution scolaire leur permet de construire une position de « tiers » indispensable à la médiation.

Les personnes concernées par la médiation ne sont pas uniquement les élèves. Il est à noter, à ce propos, que la médiation interroge nécessairement la relation entre l’élève et l’institution, celle-ci ayant naturellement tendance à rejeter l’origine des problèmes sur les lacunes ou les fautes de celui qu’elle veut éduquer. C’est un des enjeux d’une médiation pratiquée par des médiateurs qui ne sont pas rattachés institutionnellement à l’école.

Elle souligne aussi que la médiation ne doit pas se centrer uniquement sur les élèves : elle doit aussi s’intéresser aux enseignants, par exemple.

Au-delà d’une vision purement fonctionnelle, intervenant à la marge pour prévenir ou réparer, la médiation est aussi vecteur d’une autre « culture ». C’est dans ce sens que le Portugal a défini une « stratégie nationale » pour « l’éducation à la citoyenneté et la médiation dans les écoles ». Cette stratégie s’appuie sur des expériences développées depuis les années 1990. Elle est mise en œuvre à titre expérimental dans 100 écoles. Elle articule aussi bien la pédagogie (« une autre façon d’apprendre ») que l’apprentissage de la citoyenneté (par son intégration dans les curricula), la médiation par les pairs, la formation des enseignants et l’intervention de « médiateurs expérimentés ». Il s’agit, ici, de développer une culture de la médiation à l’école.

… MAIS AUSSI UNE INTERVENTION CONJOINTE AVEC LES AUTRES ACTEURS DE LA CITÉ

Mais il est très rapidement apparu que les objectifs de l’école ne pouvaient être atteints en restant à l’intérieur de ses murs. S’impose immédiatement l’autre acteur incontournable de l’éducation de l’enfant : ses parents et sa famille. La médiation y est très présente dans les expériences citées.

Elle l’est dans la dimension interculturelle, quand les parents ne connaissent ni les attendus ni les codes sociaux et culturels de l’institution scolaire du pays d’accueil. Les pays du Sud (Portugal, Italie, Espagne) sont particulièrement mobilisés dans ce type de pratique.

Mais cette sortie du « cadre scolaire » apparaît aussi quand il s’agit du « décrochage « .  L’Espagne, le Portugal, la Belgique, nous ont fait part de l’implication de la médiation sur cette question. Pierrefitte-sur-Seine accompagne ainsi tous les ans de 150 à 200 élèves exclus de l’école pour les accueillir dans un lieu pédagogique où le jeune élève sanctionné reprend le fil qui le relie à l’institution scolaire en s’interrogeant sur la sanction prononcée à son égard.

L’expérience des médiateurs de Sevilla Acoge confirme également que des problèmes signalés au sein de l’école ne trouvent la solution qu’à l’extérieur, ce qui est le cas par exemple quand leur origine provient de problèmes familiaux. Pour l’équipe de médiation sévillane, leur lien avec l’école est ainsi une des modalités essentielles de leur intervention dans la « communauté », comme un lieu d’identification des problèmes.

Rumilly, une petite ville de France, a conçu dès le départ cette articulation entre la médiation dans la ville et la médiation à l’école, dès 1995 (????). Elle l’a fait dans une vision de « réappropriation de la gestion des conflits » par les habitants : une « médiation citoyenne ». Elle est toujours mise-en-œuvre par la municipalité. Il arrive ainsi que jeunes « médiateurs » formés à l’école rejoignent plus tard l’équipe de médiateurs adultes présents dans les quartiers.

L’école peut être aussi celle du territoire, quand celui-ci se mobilise pour construire des lieux d’apprentissage et de formation pour les jeunes, dans une démarche de type « participative » associant les jeunes tant à la définition des « ateliers de travail » que de sa gouvernance : c’est le cas du projet « Art de grandir » en Sicile.

DES PERSPECTIVES DE TRAVAIL POUR UNE MÉDIATION CITOYENNE QUI INTÈGRE LA MÉDIATION À L’ÉCOLE

A travers toutes ces interventions – que le futur e.book en préparation restituera dans leur intégralité – il est ainsi ressorti la conjonction et le lien très fort entre la médiation dans et autour de l’école et la médiation citoyenne.

Et ceci, pour 3 raisons, correspondant à ces 3 dimensions de l’école :

  • sa dimension intégrative (inclusive) dans la Cité.

*  L’école est un des piliers de la Cité

*  La « communauté » (les parents, les acteurs associatifs,…) ne peuvent ignorer l’école et l’école ne peut ignorer le contexte social qui l’environne

*  La relation de écoles avec son environnement met en jeu des fonctions, des cultures et des pratiques institutionnelles différentes. Et pourtant, elle est nécessaire. La médiation doit contribuer à ces relations.

  • sa dimension éducative sur les dimensions non cognitives : l’apprentissage de la citoyenneté.

*  La dimension « transmission des connaissances » n’est plus le monopole de l’Ecole

* L’apprentissage de la citoyenneté dans le nouveau contexte mondial est un investissement pour l’avenir (elle est considérée comme une des 8 compétences clés de tout citoyen par l’Europe)

  • sa dimension culturelle

par une culture de la médiation comme alternative à des relations construites uniquement sur le droit et la règle ou les rapports marchands.

Il est alors apparu l’importance stratégique de développer les coopérations au sein de l’espace européen de la médiation pour l’inclusion sociale », en développant par exemple le

réseau des villes de médiation citoyenne. C’est un objectif que CreE.A mettra à son ordre du jour.

Ce qui est apparu – et ce que nous avons appris au cours de cette journée – c’est que l’Ecole ne concerne pas que l’école. Elle joue un rôle central dans la Cité. Ce qui s’y passe, tant à l’intérieur qu’autour de ses murs, implique tous les acteurs et institutions du territoire où elle se situe. Le thème « Ecole et médiation » nous conduit ainsi à concevoir et mettre en œuvre une « médiation citoyenne » qui veut dynamiser tous les échanges entre les personnes elles-mêmes et les personnes et les institutions au niveau local.

Autrement dit, les pratiques de médiation dans et autour de l’école ne sont pas uniquement des pratiques qui viennent s’ajouter à côté de celles du quartier, des hôpitaux, des transports, etc. : elles doivent être envisagées comme un des vecteurs d’une autre vision de notre vie commune.

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