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Nos évènements

L’Europe comme espace de dialogue interculturel et de médiation

11/04/2018     Braga

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La table-ronde pour l’ouverture des journées. De gauche à droite : Mr Ricardo Rio, Maire de Braga ;  Mr Pedro Calado, représentant du Haut-Commissariat à l’immigration ; Mme Manuela Martins, Vice-rector de l’Université du Minho ; Mme Birgit Van Hout,  représentante du Haut Commissariat des Droits de l’Homme (ONU) en Europe ; Mme Ana Maria Carneiro Costa e Silva, responsable du Comité d’organisation et du Tour d’Europe du projet CreE.A ; Mr André Moisan, coordinateur du projet CreE.A

Les journées de Braga resteront une étape importante dans la création de l’espace européen de la médiation pour l’inclusion sociale. Après la journée de Séville (20 Juin 2017), la médiation interculturelle est ainsi apparue comme une question centrale dans le contexte européen actuel. Face aux menaces de fermeture des frontières comme de celle des esprits, du repli identitaire, du refus des migrants, de la montée de la xénophobie et du racisme, cette médiation interculturelle va bien au-delà d’une technique, d’une modalité d’intervention ou d’un métier : elle correspond à un choix de société qui se fonde sur le dialogue interculturel.

Environ 150 personnes auront participé à ses travaux : médiateurs, acteurs de l’intervention sociale auprès des populations, étudiants du Portugal ; mais aussi médiateurs compagnons et maîtres d’apprentissage du 1ère, 2ème et 3ème Tour d’Europe, partenaires CreE.A, et bien d’autres personnes venues d’Autriche, d’Angola, de Biélorussie, du Brésil, de Belgique, d’Espagne, de France, d’Italie, du Maroc, du Royaume Unie et tout Portugal.

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Le ton était donné dès la table-ronde d’ouverture. Le Maire de Braga et la Vice-Rector de l’Université du Minho, qui nous accueillaient, ont d’emblée invité les participants à développer leurs travaux au niveau des menaces qui pèsent sur l’espace européen. Ces propos étaient relayés par la représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (Agence spécialisée de l’ONU) en Europe : elle invitait à prendre la mesure de la gravité des menaces en Europe et ne pas rester passifs. Le représentant du Haut Commissariat aux Migrations du Portugal – qui développe une vision stratégique de l’apport de l’immigration dans le développement et la nature de la future société portugaise – a également repris ces propos. Il s’est félicité d’un accueil toujours plus important de migrants au Portugal (alors qu’on entend trop souvent le discours inverse dans d’autres pays européens, qui préfère citer le nombre d’expulsions). Il a annoncé des mesures concrètes : ainsi, un appel est lancé pour la constitution d’équipes de médiation inter culturelle dans trois régions : le Nord, le Centre et l’Alentejo, avec un financement de l’Etat de 3.500.000 Euros.

La Conférence du Président de Cre.A, Monsieur Hibat TABIB, permettait de préciser cette alternative que propose la médiation sociale. Le droit, et l’Etat de droit, sur lequel se sont construits les pays européens, ne permet pas à lui seul de « faire société ». Il y manque les interactions, la densité de la communication humaine et des relations entre personnes pour gérer les conflits mais aussi développer une culture de l’ouverture à l’autre. Il l’aura illustré à partir d’exemples pratiques issus de la « première ville de médiation sociale en Europe » : Pierrefitte s/Seine, où il a créé l’AFPAD, association locale de médiation et d’accès aux droits.

Les ateliers et table-rondes qui ont suivi auront donné d’autres exemples. Sans vouloir faire ici un relevé exhaustif, les participants ont ainsi pu échanger autour de la mise en place d’une « police communautaire » dans 3 quartiers de Lisbonne : l’ordre public y est ainsi construit avec la participation des associations du quartier à des réunions tous les mois (cette action a reçu un prix européen). Cette réalisation fait partie du projet européen Erasmus+ « Time” (Train Intercultural Mediatiors for a Multicultural Europe). Des architectes ont restitué la construction d’un récit de la rénovation d’un quartier gitan à Braga avec la population elle-même, dont ils ont été les animateurs.

Il a aussi été question de médiation dans le cadre de l’accompagnement à des patients victimes d’addictologie ou encore de médiation inter-religieuse, proposée par une association musulmane en Angleterre. Les difficultés et les risques de l’interculturalité étaient soulignés par le témoignage de la Fondation Sevilla Acoge, dotée d’une longue expérience dans le domaine : elle doit ouvrir, et non renfermer, les personnes dans leur culture d’origine. Quatre communes portugaises, faisant partie du réseau européen des municipalités interculturelles, ont également fait valoir leurs réalisations dans le domaine de l’interculturalité.

Les terrains de médiation sont donc très variés, mais aussi les acteurs eux-mêmes. La médiation n’appartient pas seulement aux médiateurs. Certes, ces derniers s’y consacrent entièrement. Mais au-delà de leur intervention directe, il s’agit de créer des « espaces de médiation » pour construire les conditions d’échanges et de reconnaissance mutuels entre parties : population, acteurs, institutions. Architectes, sociologues, soignants – et, bien sûr, médiateurs – tous ceux qui offrent une position de « tiers » participent ainsi à créer ces « espaces de médiation ».

Des restitutions d’études conduites en Italie, au Portugal, au Maroc, etc. ont également permis de mieux connaître les phénomènes d’interculturalité dans leur contexte.

Il fallait aussi nourrir ces échanges d’une compréhension théorique des difficultés actuelles de l’Europe face aux migrations. Après celle tenue sur le thème « Culture et Médiation : des divergences à la convergence de la diversité », prononcée au nom de Gian Piero Turchi (Université de Padoue), la brillante conférence de Moisés de Lemos Martins (CECS, Braga) a relevé comment le « point », l’un, l’unicité font partie de l’héritage tant gréco-latin que judéo-chrétien. Mais il a aussi fait référence à Emmanuel Lévinas, et son idée fondamentale du visage de l’autre qui ouvre à dépasser la « totalité » – fusion de la différence en « un » –  par l’infini, l’inconnu, l’indéterminé de l’altérité.

La table-ronde de clôture a fait part de la richesse des travaux. Elle a donné la parole à Madame la Députée Laura Magalhães, représentant la Commission « Education et Science » à l’assemblée Nationale. Elle a exprimé une forte attente de la médiation interculturelle pour faire face, par exemple, au fait que la moitié des migrants accueillis au Portugal préfèrent repartir dans un autre pays.

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En conclusion, ces deux journées ont en quelque sorte fonctionné comme un « espace de médiation » : ouvert à tous les apports (pratiques, études, théorie), tous les acteurs impliqués dans le dialogue interculturel et la médiation sociale (acteurs, chercheurs, politiques). Quelle était alors l’instance tierce, sinon « l’esprit CreE.A« , qui privilégie l’écoute plutôt que les rapports de pouvoir et les hiérarchies sociales ? Cet « esprit CreE.A » était celui, certes, des partenaires présents, mais il tient essentiellement au Comité d’organisation animé par Ana Maria Costa Carneiro da Silva.

 

 

Un bel exemple de réussite de la médiation interculturelle : les actes et un livre sont prévus pour restituer toute cette richesse.

LA PRESSE PORTUGAISE A FAIT UN LARGE ÉCHO DE CETTE MANIFESTATION :

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